July 6-10, 2026 - Bogotá, Colombia
La durabilité de la démocratie constitutionnelle : bananes ou oranges ?
Coordinateurs :
- Imer B. Flores – imer@unam.mx
- Diego E. López Medina – dlopez@uniandes.edu.co
L’État de droit constitutionnel et démocratique semble s’effriter entre nos mains, car il contient une profonde contradiction. Ses conditions mêmes de possibilité — et même de durabilité — suggèrent qu’il s’agit, par définition, d’un gouvernement limité soumis à la loi ; ou alors, qu’il peut prétendre être un gouvernement où la souveraineté populaire pourrait donner naissance à un gouvernement illimité. Cette tension est illustrée par le choc entre les gouvernements « audacieux » qui adoptent des stratégies de type « guerre éclair » pour agir en profondeur et rapidement, par la concentration du pouvoir, d’une part, et les gouvernements « modérés et prudents » qui s’appuient encore sur des mécanismes fabiens traditionnels pour introduire des réformes graduelles et progressives, par la délibération imposée par la séparation des pouvoirs, d’autre part. Pour de nombreux gouvernements « décisifs », la « démocratie » aujourd’hui est comprise comme un mandat clair et direct que l’électorat donne au président et au parti au pouvoir pour exécuter leur agenda ou leur plan d’action, quoi qu’il arrive. Le « constitutionnalisme » et l’« État de droit » sont donc perçus comme un enchevêtrement excessif d’obstacles et de procédures qui diminuent la capacité effective de faire ce qui est nécessaire pour l’intérêt public.
Comme le disait il y a quelques années le parti Fidesz en Hongrie lors de sa campagne électorale : « si vous êtes fatigué de la banane, choisissez l’orange ». La « banane » semble être la recette constitutionnelle — autrefois savoureuse, aujourd’hui insipide. L’« orange », en revanche, apparaît comme une alternative fraîche, acide, vibrante… Dans ce panel, les intervenants offriront leurs perspectives sur la dialectique entre la banane et l’orange, entre autocraties et démocraties, démocraties limitées et illimitées, constitutionnalisme et populisme, ou encore un saut dans le vide qui pourrait mener à des républiques bananières, des républiques oranges, voire des républiques illibérales.
