July 6-10, 2026 - Bogotá, Colombia
Justice transitionnelle restaurative et pragmatisme constitutionnel
Coordinateurs :
- Danilo Rojas Betancourth – danilo.rojas@jep.gov.co
- Adolfo Murillo Granados – adolfo.murillo@jep.gov.co
- Natali Niño – natali.ninop@unilibre.edu.co
L’orthodoxie principialiste et axée sur la sanction du modèle de justice rétributive caractéristique de la doctrine du droit pénal doit être reconsidérée à la lumière des modèles de justice mettant l’accent sur la restauration, tels que celui appliqué en Colombie. Là, la justice transitionnelle mise en œuvre est guidée par de nouveaux principes juridiques qui remettent en question les traditions du droit pénal. Bien que les deux types de principes partagent des aspects dogmatiques importants, ils diffèrent par leur portée et leurs objectifs : les principes du droit pénal sont orientés vers le renforcement de la cohérence interne de la discipline et la satisfaction des besoins des personnes directement impliquées — les parties : victimes et auteurs — alors que les principes de la justice transitionnelle, en plus de ce qui précède, envisagent plus clairement des transformations structurelles, institutionnelles et sociales.
Certaines pratiques qui révèlent l’application peu orthodoxe de principes et de sanctions — pratiques qui caractérisent les progrès du modèle de justice transitionnelle restaurative — exigent un changement de paradigme théorique pour mieux expliquer le phénomène, car les paradigmes les plus connus s’avèrent trop étroits pour accueillir ces nouvelles réalités. Ainsi, la légalité stricte prônée par le positivisme juridique voit avec suspicion l’extension des principes qui régissent la justice transitionnelle restaurative. La rationalité revendiquée par la théorie contemporaine du droit naturel — ou iusrationalisme — considère également avec scepticisme la force contraignante des accords au cœur des processus judiciaires dialogiques. Et bien sûr, le réalisme juridique, qui sous-tend les formes les plus poussées d’activisme judiciaire, continue de faire face à un déficit de légitimité permanent en raison de sa nature contre-majoritaire.
Si le rôle initial de la science juridique est de décrire et d’organiser son objet d’étude — le droit en action — alors elle doit reconnaître que ces pratiques mêmes, considérées avec suspicion par certaines théories juridiques, sont précisément celles qui définissent la réalité connue sous le nom de justice transitionnelle restaurative. La science juridique a la responsabilité de les décrire avec précision avant de les critiquer ou de proposer des améliorations. Si un cadre théorique donné s’avère inadéquat comme outil d’explication, il est clair que ce n’est pas la réalité qui doit changer, mais la théorie qui cherche à la décrire.
Un paradigme théorique qui saisirait mieux le factum de la justice transitionnelle restaurative colombienne est le pragmatisme juridique. Il suffit de considérer, par exemple, la valeur que le pragmatisme attribue au consensus et aux conséquences dans les domaines de la politique et de la morale. Il en va de même pour le domaine de l’adjudication judiciaire.
Thème de l’atelier : Les droits de l’homme dans la réalité : accès et mise en œuvre.
