July 6-10, 2026 - Bogotá, Colombia
Constitutionnalisme pour la République numérique : reconfiguration de l’architecture constitutionnelle face aux technologies disruptives
Chairs
• Daniel Castaño daniel.castano@uexternado.edu.co
Cet atelier explore la transformation des fondements du constitutionnalisme moderne face aux défis posés par les technologies disruptives contemporaines : intelligence artificielle, blockchain, réalité augmentée et virtuelle (AR/VR), neurotechnologies et informatique quantique. La République numérique émerge comme une forme constitutionnelle évolutive répondant à la crise des présupposés institutionnels de l’État libéral de droit, en se configurant comme une communauté politique où les principes constitutionnels fondamentaux s’articulent avec des architectures institutionnelles adaptatives conçues pour gouverner des environnements technologiques caractérisés par la complexité systémique, l’incertitude structurelle et la transformation accélérée.
Le constitutionnalisme libéral classique, consolidé à partir des révolutions bourgeoises du XVIIIe siècle et développé au cours des premières révolutions industrielles, a structuré l’organisation du pouvoir politique autour de principes fondamentaux : suprématie constitutionnelle et rigidité normative, légalité comme limite au pouvoir de l’État, séparation fonctionnelle des pouvoirs publics comme mécanisme de freins et contrepoids, démocratie représentative comme source de légitimité, et protection juridictionnelle des droits fondamentaux comme sphère inviolable face au pouvoir public et privé. Cette architecture constitutionnelle a été conçue pour des sociétés caractérisées par la stabilité normative, le changement progressif et une prévisibilité relative des relations sociales, économiques et technologiques.
Toutefois, les technologies disruptives contemporaines fonctionnent selon des logiques radicalement différentes : des systèmes adaptatifs caractérisés par des agents hétérogènes prenant des décisions évolutives, des interactions dynamiques produisant des effets émergents irréductibles à leurs composantes individuelles, et des boucles de rétroaction non linéaires dans lesquelles de petites modifications déclenchent des conséquences systémiques imprévisibles. Cette divergence crée une tension structurelle entre les présupposés du constitutionnalisme classique et les exigences d’une gouvernance efficace de la complexité technologique.
