Workshop 84

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Échec aux agences indépendantes : la démocratie est-elle en danger ?

Sala I-502 | Room I-502 | Salle I-502

Chairs
• Aníbal Zarate: anibal.zarate@uexternado.edu.co

SPEAKERS

Carlos FernandoMatute González
EvaMontero Ibarra
MarianellaLedesma Narvaez
AníbalZarate
VanessaPichler

Les agences indépendantes sont au centre d’un débat crucial : sont-elles compatibles avec la démocratie et la séparation des pouvoirs, ou bien les contredisent-elles ? Cette question est loin d’être théorique. Elle est réapparue avec force ces dernières années, alors que des gouvernements de plusieurs pays cherchent à étendre l’influence du pouvoir exécutif sur ces institutions — en récupérant des compétences réglementaires, en revendiquant une large discrétion pour révoquer les membres de leurs conseils de direction, voire en abolissant des agences entières sous le prétexte de l’austérité budgétaire.

La question principale — et le cœur de cet atelier — est simple : assistons-nous au début de la fin des agences indépendantes ? Répondre à cette question suppose d’examiner si ces pressions constituent une menace réelle pour la préservation des systèmes démocratiques, en particulier à une époque marquée par la montée du populisme étatique et la crise des démocraties libérales.

Au-delà de leur impact sur la régulation environnementale ou économique, les attaques contre les agences indépendantes semblent s’inscrire dans un contexte plus large de profondes divisions, souvent utilisé pour justifier, au nom d’un « peuple vertueux » et de « dirigeants uniques », le démantèlement des contre-pouvoirs institutionnels. Dans ce discours, les régulateurs sont présentés comme faisant partie d’un appareil technocratique, déconnecté des préoccupations des citoyens et au service des « élites corrompues ».

La crise que traversent les agences administratives indépendantes reflète également celle de l’État régulateur et son incapacité à tenir ses promesses fondatrices. Ironiquement, les critiques cherchant à raviver des modèles plus anciens d’intervention étatique — qu’ils soient orientés vers la police ou vers l’État-providence — tendent souvent à accentuer la polarisation. Ce faisant, ils réorganisent la prise de décision publique au profit de leur propre camp politique, au détriment des intérêts opposés.