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Entrelacer histoire, mémoires et droit constitutionnel contemporain : un dialogue interdisciplinaire

Sala H-301 | Room H-301 | Salle H-301

Chairs
• Zoltán Szente szente.zoltan@tk.hu
• Han Zhai hzhai@hust.edu.cn
• Yang Qiu yang.qiu@wolfson.ox.ac.uk

Cet atelier propose une discussion interdisciplinaire sur le droit constitutionnel, l’histoire et les mémoires. La relation entre l’expérience historique et le droit constitutionnel demeure une question centrale tant pour les universitaires que pour les praticiens. Les événements historiques, les institutions et les traditions politiques continuent de façonner l’interprétation constitutionnelle, la conception des institutions et la protection des droits fondamentaux dans les États démocratiques et non démocratiques modernes.

Le temps, en ce sens, pourrait être un ami ou un ennemi, ou peut-être les deux. Avec l’évolution du temps, des significations historiques spécifiques, des émotions ou des sentiments pourraient se perdre. Pourtant, le lien constitutionnel avec le passé, ou plutôt sa revendication, pourrait être renforcé ou « régénéré » à travers une série de réinterprétations et de réformes constitutionnelles. La constitution écrite nationale pourrait alors être vue comme le site, voire le champ de bataille, des mémoires. On pourrait arguer que les constitutions ont été fondées sur de telles « épopées » — elles tentent d’exploiter une compréhension commune du passé et nous informent souvent sur les objectifs, les valeurs et les principes moraux de notre communauté. De plus, cela peut contraindre le type et la nature de l’argument constitutionnel que l’on peut avancer (non seulement devant les tribunaux mais aussi dans la rue et autres espaces publics) et conseiller les institutions que les États doivent mettre en place, ainsi que leurs principes directeurs.

Cet atelier souhaite inviter des chercheurs en droit constitutionnel, en histoire et en sciences sociales à explorer comment les expériences historiques influencent les compréhensions contemporaines du constitutionnalisme, de l’identité constitutionnelle et de l’État, et ensuite, comment les constitutions (au sens large) soutiennent une mémoire collective particulière du passé. Ensuite, quels sont les moyens que les membres des communautés utilisent pour renforcer, changer, ou même subvertir une compréhension particulière du passé qui est consacrée dans les constitutions ? Les réponses possibles nous conduiraient à l’enquête fondamentale de cet atelier : comment les perspectives comparées éclairent les similitudes et les divergences dans les fondements historiques des constitutions.

En tant qu’atelier interdisciplinaire, nous, les organisateurs, encourageons vivement les soumissions à travers diverses disciplines (par exemple, histoire, politique, sociologie, anthropologie sociale, patrimoine culturel et littérature) et l’utilisation de méthodologies qui s’étendent au-delà de la méthode doctrinale traditionnelle. Nous accueillons également les projets qui enquêtent et comparent des études de cas se concentrant sur le Sud global.

Les sujets d’intérêt incluront, sans s’y limiter :

  • Comment les expériences historiques influencent les compréhensions contemporaines du constitutionnalisme, de l’identité constitutionnelle et de l’État.
  • Le rôle que jouent l’histoire et les mémoires historiques dans la justice constitutionnelle et le raisonnement des tribunaux.
  • Le pouvoir normatif des mémoires constitutionnelles.
  • Les mémoires historiques impliquées dans l’interprétation constitutionnelle. Par exemple, les vestiges des mémoires communistes dans les décisions constitutionnelles des États de l’ex-URSS, les manières dont l’héritage de l’autoritarisme, du colonialisme ou de la transition façonne l’interprétation des normes constitutionnelles, et la sélection et l’oubli des mémoires dans l’argumentation constitutionnelle, etc.
  • La comparaison des mémoires de guerre dans les constitutions d’après la Seconde Guerre mondiale.
  • La réaffectation juridique des mémoires autoritaires pendant la justice transitionnelle.
  • Les « guerres de mémoire » dans la rédaction et les réformes constitutionnelles.
  • La transformation des mémoires collectives face au déclin démocratique.
  • La temporalité et l’éternité dans les constitutions écrites.
  • La justice climatique et les mémoires collectives.